S.M.A.K. présente la première exposition monographique de Tarek Atoui dans un musée belge

TAREK ATOUI
the Shore / a place I’d like to be

6 avril – 25 août 2024
S.M.A.K.

Conférence de presse : 5 avril 2024, 11h00
Vernissage: vendredi 5 avril 2024, 20h00 – 23h00
avec une performance par Tarek Atoui à 21h00


Le son est au cœur de la pratique artistique de Tarek Atoui (né en 1980 à Beyrouth, Liban). Artiste et compositeur électro-acoustique, Atoui est connu pour ses paysages sculpturaux sonores qu’il crée à partir du son, de l’image, de la matière, de l’espace, du temps et de l’activité humaine et organique. Dans ces environnements d’écoute inventifs, qui ne font pas seulement appel à l’ouïe, il fait vivre au public toutes sortes d’expériences et d’interactions porteuses de connotations tant sensorielles que socio-politiques.

Les instruments de musique, dispositifs d’écoute, sculptures et matériels minutieusement conçus qui font partie des œuvres d’Atoui sont le résultat d'un processus de réflexion et de fabrication pensé jusque dans les moindres détails. Fondés sur des recherches et expérimentations approfondies, ces éléments portent la marque des collaborations que l’artiste noue avec des experts, des artisans et d’autres intervenants. Assemblés pour former des installations agiles et fascinantes qui absorbent le contexte dans lequel elles sont présentées, ils stimulent l’activité de toutes sortes de manières. Dans cet environnement d’apprentissage, on peut trouver, sans distinction hiérarchique, une composition musicale qui tourne toute seule ou une série d’instruments qui sont activés par des musiciens professionnels ou des personnes participant à une visite guidée. Les installations font l’objet d’un atelier participatif ou encouragent doucement les visiteurs à écouter l’espace, les autres et eux-mêmes.

Une exposition de Tarek Atoui ne suit pas une trajectoire fixe et ne s’appuie pas sur des codes de comportement classiques. ​ L’exploration de l’espace, l’observation des œuvres exposées, la succession des différentes situations d’écoute s’inscrivent plutôt dans un réseau d’expériences sonores, sensorielles et humaines au sein duquel création du son et écoute sont indissociables. ​ Musiciens et visiteurs sont invités à s’immerger dans ce paysage et à se livrer à des expériences au rythme des stimuli que leurs mains, leurs yeux et leurs oreilles leur transmettent et des synergies qui se forment peu à peu. 

En combinant des instruments de musique, des appareils électroniques, des ordinateurs, mais aussi des objets ordinaires, et en invitant les gens à adopter des modes alternatifs d’écoute et d’attention, Tarek Atoui fait preuve d'un engagement d’inspiration politique et sociale. ​ Il déploie en effet sa pratique comme une donnée collective qui rompt avec les rapports de force traditionnels entre sensation et raison, sensibilité et langage, technologie et artisanat. Au lieu de cela, il fait simultanément appel à la perception, l’intuition, l’action, l’interprétation, la mémoire et l’imagination comme catalyseurs de l’expression personnelle et de la manifestation de l’identité. 

Pour sa première exposition monographique dans un musée belge, Tarek Atoui rassemble des œuvres existantes et de nouvelles productions dans une installation montée avec minutie, qui lui a été dictée par sa conception unique de l’écoute profonde, son intérêt pour la perception sensorielle et sa motivation socio-politique. ​ Il puise pour ce faire dans des projets existants comme WITHIN (2013 – en cours), qui invente des modes alternatifs de génération de la musique, mais aussi The Whisperers (2021 - 2022), une exploration de la façon dont un son déjà produit varie selon qu'il traverse différents matériaux comme le marbre, le verre, le métal ou l’eau. Deux nouvelles œuvres, 66 Soft Cells et Windhouse #1, viennent encore élargir la richesse expérientielle et perceptive du paysage total.

À l'instar du rivage qui sépare la mer de la terre dans le titre de l’exposition, Atoui donne à l’espace du S.M.A.K. l’apparence d'une dichotomie. Il y crée deux univers différents qui se rencontrent et se fondent : en l’occurrence, une pièce de vie et un laboratoire expérimental. ​ Tous deux impliquent une participation humaine mais opèrent au départ de situations opposées de repos et d’action, de familiarité et d’innovation, de ralentissement et d’accélération, de rencontres personnelles et de réseaux automatisés. ​ L’artiste y fait entrer de nouveaux objets qui demandent à être explorés, mais y installe aussi des fauteuils, des plantes, une bibliothèque et des objets familiers tels que des livres et des gadgets techniques que le public peut manipuler. Pendant ce temps, un vaste dispositif d’ordinateurs et de câbles actionne l’installation sonore, de l’eau bouillonne dans une sculpture en pierre et un visiteur perturbe brièvement le réseau en mettant un disque vinyle sur une platine. ​ La manière de produire ou d’apprécier le son ne s’appuie plus ici sur une forme de connaissance, mais sur la curiosité et une propension à regarder le monde autrement. 

Un programme de performances, composé par Tarek Atoui avec ses musiciens invités, se déroule pendant l’exposition. 


Tarek Atoui (né en 1980 à Beyrouth, Liban) vit et travaille à Paris. Ces dix dernières années, il a participé à d'importantes expositions internationales, dont dOCUMENTA 13 (2012) et la 58e Biennale de Venise (2019). Des expositions monographiques de son travail ont eu lieu au Museum of Contemporary Art de Sydney (2023) ; à l’IAC de Lyon (2023) ; au Mudam Luxembourg - Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean (2022) ; au Serralves Museum of Contemporary Art de Porto (2022 et 2018) ; à The Contemporary Austin (2022) ; à The FLAG Art Foundation à New York (2022) ; à la Bourse du Commerce - Pinault Collection à Paris (2021) ; au Fridericianum de Cassel (2020) ; à la Sharjah Art Foundation à Sharjah (2020) ; au NTU Centre for Contemporary Art de Singapour (2018) ; à la Bergen Assembly (2016) ; à la Tate Modern de Londres (2016) ; au Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive (2015) et à la Fondation Louis Vuitton à Paris (2014 et 2015).


Les projets repris dans l’exposition :

WITHIN


WITHIN
(depuis 2013) constitue un point d’ancrage dans la pratique artistique de Tarek Atoui et dans sa conception du son et de l’écoute. Ce projet s’intéresse à la manière dont la surdité peut modifier notre compréhension du spectre sonore, de l’espace de diffusion du son et des capacités des instruments. Le projet s’efforce d’étendre la notion d’écoute au-delà de ce qui est purement auditif, pour arriver à des facteurs de son qui ont une origine tactile, physique ou visuelle ou qui partent de gestes. WITHIN remet aussi en question l’écoute proprement dite, la façon dont les instruments sont conçus et joués, et les définitions courantes de l’improvisation, de l’écriture de partitions et du rapport avec le public. ​ Depuis le lancement de WITHIN, Tarek Atoui a créé une série de douze instruments de musique destinés tant aux personnes sourdes qu’aux personnes entendantes. ​ Des centaines de musiciens professionnels et amateurs ont déjà joué sur ces instruments. ​ Leur design et leur « jouabilité » sont le résultat d’ateliers et de collaborations entre artistes, fabricants d’instruments, étudiants, bénévoles sourds et entendants, mais aussi entre conférenciers, designers, ingénieurs du son et pédagogues. Tous ont ainsi contribué à la création de cette collection.


THE WHISPERERS


The Whisperers
(2021 – 2022) est une série de dispositifs d’écoute faits de différents matériaux qui conduisent et amplifient le son de façon multisensorielle. Ces assemblages de plastique, bois, laiton, eau, bronze, verre et pierre permettent d’expérimenter les propriétés acoustiques de chaque matériau ainsi que la façon dont chaque matériau transmet et réverbère le son. ​ « The Whisperers » s'inspire de cinq séances d’atelier pédagogique avec des élèves de maternelle de l’École alsacienne de Paris, qui ont été organisées entre novembre 2020 et juin 2021. ​ L’œuvre « Whispering Playground » fait la synthèse des différentes expérimentations menées au cours des séances. ​ C’est un circuit complexe d’eau, de son et de vibrations mélangeant plusieurs sources sonores et plusieurs inputs (sons industriels, musique de disques vinyles, bruits d’eau, percussions, ...). Cette œuvre, conçue pour des groupes de 8 à 12 personnes à partir de 4 ans, invite les participants à explorer de façon ludique les concepts de vibration, de son subaquatique et de rotation. Tarek Atoui a également développé une nouvelle série d'œuvres spécifiquement inspirées de ces expériences, telles que Drum Club, Jukebox, Platinum Record Player, Totem #1, Underwater Birds #2 et Whispered Pulse.


Une édition spéciale en néerlandais du Whispering Manual paraît à l’occasion de cette exposition. ​ Ce guide présente quatre ateliers d’expérimentation du son conçus par Tarek Atoui pour explorer les notions de vibration, d’eau, de rotation et de vent. ​ Il a été spécialement conçu pour servir de mode d’emploi aux enseignants et aux éducateurs lors de ces explorations de l’écoute et de l’improvisation collective avec leur classe ou leur groupe. 

Avec le soutien de l’Ambassade de France en Belgique et de l’Institut français Paris. Dans le cadre d’EXTRA, un programme de soutien et de promotion de la création contemporaine française en Belgique.


Un programme de performances, composé par Tarek Atoui avec ses musiciens invités, se déroule pendant l’exposition.

Lors de la soirée d'ouverture, le 5 avril, vous pourrez assister à une performance en direct de Tarek Atoui lui-même à 21h00.

the Shore / a place I’d like to be fait partie de GIF, le Ghent International Festival du 4 au 21 avril 2024.

L’exposition a été réalisée avec le soutien de l’Ambassade de France en Belgique et de l’Institut français Paris. Dans le cadre d’EXTRA, un programme de soutien et de promotion de la création contemporaine française en Belgique.


Images


Tarek Atoui

Tarek Atoui (né en 1980 à Beyrouth, Liban) vit et travaille à Paris. Au cours de la dernière décennie, il a participé à de grandes expositions internationales, notamment à dOCUMENTA 13 (2012) et à la 58e Biennale de Venise (2019). Des expositions personnelles présentant son travail ont eu lieu à l'IAC, Lyon (2023) ; au Mudam Luxembourg - Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean (2022) ; au Musée d'Art Contemporain Serralves, Porto (2022 et 2018) ; au Contemporary Austin (2022) ; à la FLAG Art Foundation, New York (2022) ; Bourse du Commerce - Collection Pinault, Paris (2021) ; Fridericianum, Kassel (2020) ; Sharjah Art Foundation, Sharjah (2020) ; NTU Centre for Contemporary Art Singapore (2018) ; Bergen Assembly (2016) ; Tate Modern, Londres (2016) ; Berkeley Art Museum et Pacific Film Archive (2015) et Fondation Louis Vuitton, Paris (2014 et 2015).


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Micha Pycke
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