Thomas Lerooy présente une sculpture en bronze de 22 mètres de haut à Knokke

Thomas Lerooy présente une sculpture en bronze de 22 mètres de haut à Knokke

À Knokke, une sculpture en bronze de 22 mètres de haut, due à l’artiste belge Thomas Lerooy, sera installée le 16 juin. Cette oeuvre, intitulée Tower, est la première sculpture permanente de Lerooy dans l’espace public.  

Tower comporte 49 têtes en bronze, qui ont toutes le regard fixé sur la mer. La manipulation et l’abstraction des visages sont telles – les nez, yeux, oreilles et mentons s’inscrivent tous dans le même axe vertical – que les différences sont nivelées : chaque buste ressemble à tous les autres.  

Comme si souvent dans l’oeuvre de Lerooy, Tower, qui peut passer pour la suite de deux autres sculptures de Lerooy, Obelrisk (2007) et Never listen to your best friend (2007), évoque la fugacité de la vie et le (non-)sens de l’existence. Patiné par le temps, le sel marin et le vent, le bronze vieillira naturellement. 

Le titre de l’oeuvre - Tower – est aussi simple que puissant. Il renvoie à la société actuelle, dont les différents éléments ont plus de valeur ensemble que séparément. 

Une société où nous dépendons les uns des autres, nous écoutant mutuellement et concluant des compromis. Comme un enfant empile des blocs pour construire une tour, Lerooy entasse les têtes en une oeuvre significative.

Mais la sculpture rappelle aussi La Colonne sans fin de Brancusi, une colonne de 30 mètres de haut, constituée de rhomboïdes superposés, qui semble s’étirer à l’infini. À l’instar de la colonne de Brancusi, Tower a pour dimension première la verticalité. Comme si une ligne tracée à la main reliait l’horizon marin au ciel. Face à l’immensité de la mer, la sculpture se dresse comme un obélisque, un ancrage ou une cathédrale. 

Dualité et tension sont inhérentes à l’oeuvre de Lerooy, qui provoque, feinte et défie. Lerooy est un maître ès séduction et duperie. Il associe le drame et l’humour, réconcilie le théâtral et l’intime, mais évolue aussi dans la zone de tension entre l’éphémère et l’intemporel, l’ancien et le nouveau, la vie et la mort.  

Le public belge a découvert l’artiste Thomas Lerooy en 2006, quand une de ses premières sculptures en bronze, Le petit Jean, a été exposée sur le toit du Musée Dhondt-Dhaenens. Le putto – terme désignant une figure enfantine nue et potelée – urinait en direction des visiteurs. Quatorze ans plus tard,  Lerooy plante sa première oeuvre permanente dans l’espace public, une sculpture en bronze de 22 mètres de haut. 


Thomas Lerooy

Thomas Lerooy, né à Roulers en 1981, développe à Bruxelles une oeuvre cohérente, composée de dessins, bronzes et tableaux. En 2015, Lerooy est le premier artiste vivant à bénéficier d’une exposition solo au Petit Palais à Paris. Suivent notamment, en Belgique, une exposition personnelle au Musée Dhondt-Dhaenens en 2017, une présentation en dialogue avec Félicien Rops au Château de Gaasbeek en 2018/2019 et une exposition personnelle aux Musées Royaux des Beaux-Arts (MRBA) à Bruxelles. 

Les oeuvres de Lerooy figurent dans les collections d’importants musées et institutions internationaux, comme le Centre Pompidou à Paris et la Belfius Art Collection à Bruxelles.