S.M.A.K. présente une exposition majeure consacrée à l’œuvre de l’artiste roumaine Ana Lupas
Un testament artistique profondément personnel qui revient sur sept décennies de création d’une figure pionnière de la néo-avant-garde d’Europe de l’Est.
S.M.A.K. présente On Ritual Time, une exposition majeure consacrée à l’œuvre d’Ana Lupas (née en 1940 à Cluj-Napoca, en Roumanie), largement considérée comme l’une des artistes les plus importantes d’Europe de l’Est. Conçue par Lupas dans la dernière phase de sa vie et de sa carrière artistique, l’exposition (sa première exposition institutionnelle en Belgique) revient sur sept décennies d’une pratique radicale façonnée par le rituel, la résistance, l’action collective et la mémoire. Réunissant des œuvres rarement exposées, de nouvelles configurations ainsi que des œuvres de son partenaire S P A T A R U (Mircea Spătaru, 1937–2011), On Ritual Time peut être considéré comme le testament artistique profondément personnel de Lupas — mais aussi comme une réflexion sur ce qui subsiste lorsqu’une artiste confie son œuvre aux générations futures.
Travaillant en Roumanie à partir de la fin des années 1950, Lupas a développé son œuvre dans un contexte marqué par les tensions politiques et artistiques du régime communiste. À la croisée du textile, de l’installation, de la performance et de l’action collective, elle transforme des techniques associées à l’artisanat, aux savoirs ancestraux et aux traditions rurales en un langage artistique résolument contemporain.
Ses premières expérimentations autour du tissage, de la couture et du nouage coïncident avec l’émergence internationale du Fiber Art. Sa participation aux Biennales internationales de la tapisserie de Lausanne en 1969 et 1971 l’inscrit dans ce champ en pleine évolution, tout en échappant constamment aux catégories conventionnelles. Au S.M.A.K., une présentation monumentale de ses premières œuvres textiles, Prapori 1961–1964, composée de 53 œuvres textiles autoportantes jamais présentées dans leur intégralité, constitue l’un des temps forts de l’exposition.
L’intérêt de Lupas pour l’artisanat, les savoirs ancestraux, les rituels et les traditions spirituelles s’exprime également à travers des œuvres collaboratives réalisées avec des communautés rurales et paysannes, ainsi que dans des projets monumentaux in situ. L’exposition présente certaines de ses œuvres les plus importantes, telles que Wreaths of August (1964–2008), inspirée des rituels de récolte, et Humid Installation (1970), manifestations précoces d’une conception de l’art comme pratique sociale. Si son travail révèle des affinités avec des mouvements de la néo-avant-garde tels que la performance, les actions et le Land Art, l’œuvre de Lupas reste profondément ancrée dans le contexte culturel et historique de la Transylvanie.
Dans un contexte marqué par la censure, la propagande, la pénurie et la surveillance, l’œuvre de Lupas témoigne de la résilience artistique. Les questions de liberté artistique, d’identité, de mémoire et de communauté acquièrent alors une dimension à la fois urgente et conceptuelle. L’exposition s’ouvre sur Coats to Borrow (1989), une série de manteaux faits à la main destinés à circuler aussi longtemps que le régime de Ceaușescu serait en place. Marqués par ceux qui les portaient, ils transforment un objet du quotidien en vecteur d’action collective et de dissidence.
Une exposition comme testament artistique
En plus de produire de nouvelles œuvres, Lupas revient régulièrement sur ses œuvres existantes et les reconfigure, leur permettant d’évoluer au gré des changements des contextes sociaux et politiques. Dans ce chapitre final de sa pratique, cette conception cyclique acquiert une nouvelle urgence : comment une artiste détermine-t-elle ce qui survit, la manière dont cela survit, et comment une œuvre est-elle transmise au-delà de sa propre vie ?
L’exposition suit cette même logique. Aux côtés d’œuvres rarement exposées, plusieurs pièces sont présentées dans de nouvelles configurations, créant des liens entre différentes périodes de la carrière de Lupas. La présence d’œuvres de son défunt partenaire, l’artiste S P A T A R U, prolonge cette réflexion sur l’héritage artistique vers les notions de mémoire partagée, d’intimité et de perte. Tout au long de sa carrière artistique, il a développé une œuvre marquée par une recherche et une expérimentation constantes. À la fois artiste et enseignant, S P A T A R U, tout comme Lupas, a profondément marqué les générations d’artistes qui lui ont succédé en Roumanie. On Ritual Time devient ainsi plus qu’une présentation historico-artistique : l’exposition peut elle-même être appréhendée comme un rituel de mémoire.
Première exposition institutionnelle en Belgique
On Ritual Time est la première exposition institutionnelle consacrée à Ana Lupas en Belgique. Elle est accompagnée d’une monographie dédiée à son œuvre, coproduite par le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Kunstmuseum Liechtenstein de Vaduz et le S.M.A.K.
Ces dernières années, l’œuvre d’Ana Lupas a fait l’objet d’une importante réévaluation à l’échelle internationale. Ses œuvres figurent dans les collections de grandes institutions telles que la Tate Modern à Londres, le Musée national d’art moderne – Centre Georges Pompidou à Paris, le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Kunstmuseum Liechtenstein à Vaduz, le Museion de Bolzano et le Ludwig Museum de Budapest.
Avec cette exposition, le S.M.A.K. poursuit son engagement en faveur d’un élargissement du canon de l’art occidental. En tant qu’artiste roumaine, Lupas offre une perspective qui remet en question les récits dominants de l’art de l’après-guerre et de l’art contemporain, tout en attirant l’attention sur des pratiques artistiques façonnées par des contextes politiques, sociaux et culturels différents. Cette exposition s’inscrit dans la continuité de l’engagement du S.M.A.K. auprès d’artistes telles qu’Anna Boghiguian, Teresa Burga, Anna Bella Geiger et Rose Wylie.
Informations pratiques
Ana Lupas & S P A T A R U
On Ritual Time
10 octobre 2026 – 21 février 2027
S.M.A.K., Gand
Commissaire : Tanja Boon
Images : les images de presse et leurs crédits sont disponibles ici.
Contact presse
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Club Paradis
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Belgique:
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+32 (0)494 90 71 66
À propos du S.M.A.K.
Le S.M.A.K. présente des œuvres issues de sa propre collection en dialogue avec celles d’artistes contemporains venus des quatre coins du monde. À travers l’art contemporain, le S.M.A.K. cherche à donner du sens à ce monde complexe et fragmenté. Dans cette démarche, le musée s’efforce d’être accessible et inclusif, car l’art est pour tout le monde.
Horaires d’ouverture
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