Patrick Derom Gallery présente une exposition consacrée aux intérieurs et aux natures mortes de Léon Spilliaert
Du 3 juin au 14 août 2026, Patrick Derom Gallery à Bruxelles présente La porte entrouverte, une exposition consacrée aux intérieurs et aux natures mortes, un aspect plus discret mais essentiel de l’œuvre de Léon Spilliaert (1881–1946). Réunissant un ensemble particulièrement remarquable d'oeuvres, dont plusieurs rarement exposées et certaines présentées au public pour la première fois, l’exposition jette un nouvel éclairage sur la vision singulière de l’artiste à travers ses représentations d’intérieurs et d’objets.
L’exposition, née de la collaboration curatoriale entre Anne Adriaens-Pannier et Edouard Derom, s’accompagne d’une importante publication réalisée avec la maison d’édition belge Hannibal Books, réunissant des essais de spécialistes parmi lesquels Anne Adriaens-Pannier, Edouard Derom, Stefan Huygebaert et Marie-Noëlle Grison.
Quand on évoque Léon Spilliaert, ce sont le plus souvent ses autoportraits et ses marines qui viennent à l’esprit. Il ne fait aucun doute que ces œuvres comptent parmi les chefs- d’œuvre de l’artiste. Mais pourquoi les intérieurs sont-ils si rarement mentionnés, et ne font que rarement partie des grandes collections muséales? Ils ne constituent pourtant en rien un corpus secondaire.
Loin d’être anecdotiques, ces œuvres révèlent la profondeur du regard de Spilliaert et son remarquable talent pour transformer des environnements ordinaires en espaces de contemplation. Chambres vides, coins familiers et objets modestes sont représentés avec une sobriété saisissante, tout en dégageant une présence intensément perceptible. Dans ces compositions règne le silence. L’absence de la figure humaine aiguise la perception et permet au spectateur de pénétrer dans un monde où le visible se charge d’une signification introspective.
Cette nouvelle exposition fait suite à l’exposition et à la publication très réussies de la galerie en 2024, Léon Spilliaert : errer dans le silence, dans lesquelles un ensemble exceptionnel d’œuvres issues de la collection de Johan van Rossum, le petit-fils de l’artiste, a été présenté. Ensemble, ces initiatives reflètent l’engagement constant de la galerie envers l’étude et la promotion de l’œuvre de Spilliaert, un artiste qui occupe une place centrale dans son programme depuis sa fondation en 1986.
Synopsis
Souvent assimilé au mouvement du Symbolisme belge, Léon Spilliaert (Ostende 1881 - Bruxelles 1946) se révèle plutôt être un esprit libre, qui se refuse d’introduire toute notion d’idéalisme et de symbole dans son art. Tout en approfondissant, à ses débuts, l’atmosphère des textes littéraires, il revisite l’image de la femme et se plonge par des autoportraits saisissants de vérité dans une introspection douloureuse. Artiste plutôt solitaire, il laisse errer son regard sur un monde intimiste, qu’il subit et analyse.
A l’instar de ses contemporains, il prête non seulement une attention soutenue aux espaces qu’il habite, mais va bien au-delà. Il exprime un désir particulier d’approfondir le monde de la réalité quotidienne. Dans la trace d’un Xavier Mellery (1845-1903), il veut donner forme à l’animisme, qui attribue une âme aux espaces et aux choses. Un climat de silence règne en permanence dans les espaces et intérieurs de Spilliaert, vides de présence humaine. Il les isole dans des compositions intemporelles, aux découpes fragmentées, qui reflète le choix d’un regard presque photographique aux angles inusuels. Il diversifie les points de vue et donne ainsi naissance à des thèmes sériels qu’il revisite sans cesse : les espaces de vie et de travail dans la maison familiale, dont un coin de cheminée, un coin de bibliothèque, la verrière, le piano muet, les plantes envahissantes.
Il découvre aussi dans les objets, qui peuplent vers 1909, sa chambre de malade, matière à un agencement sobre aux accents de nature morte. Parfois, avec une touche de théâtralité exagérée, il assemble en de petites mises en scène, carafe, théière, tasse dont les formes se répondent et les textures s’animent de lumière. Mais la plupart du temps, il se laisse surprendre par l’immuabilité des objets qui se présentent à son regard vif comme les sobres bouteilles et flacons, un coquillage, des gants épars. Ces objets vont alors vivre leur propre vie dans son esprit. Ce processus, Spilliaert l’a expliqué : Il arrive que tout à fait à l’improviste, par une sorte de décrochage dans son esprit, un objet se dépouille de son nom, de sa signification objective et se révèle dans une nouvelle singularité : une représentation dissoute dans un état de conscience proche de la surréalité. En ce sens Spilliaert se situe ici à l’aube d’une nouvelle modernité.
Léon Spilliaert n’entrave en rien la lecture réelle des objets. La réduction des moyens picturaux et le jeu mystérieux des ombres sont extrêmement suggestifs. Par le traitement de la matière, par des voiles d’encre liquide toute en souplesse, par quelques touches de couleur, il les métamorphose et leur soustrait toute matérialité. Il reste aux objets leurs contours, mais ceux-ci vidés de substance, deviennent imprégnés de richesse spirituelle. Toujours en quête de la réalité de l’être et de l’objet, Léon Spilliaert perçoit cette possibilité de transfiguration fugitive et tente ainsi à en traduire la transcendance.
Informations pratiques
Léon Spilliaert
La porte entrouverte
3 juin au 14 août
Conférence de presse : 2 juin, 11h
Patrick Derom Gallery
Rue aux Laines 1,
1000 Bruxelles
À propos de Patrick Derom Gallery
Située au cœur du Petit Sablon à Bruxelles, la galerie a été fondée en 1986 par Patrick Derom et s’est, dès le départ, distinguée par une approche rigoureuse et passionnée dans la présentation d’œuvres soigneusement sélectionnées. En 2023, Edouard Derom a rejoint la galerie, contribuant à renforcer son expertise et à assurer la continuité de son engagement artistique.
Le programme de la galerie couvre la période allant d’environ 1880 à aujourd’hui, avec une attention particulière portée au fin de siècle et aux mouvements modernes, du Symbolisme au Pop Art. Elle met notamment à l’honneur des artistes tels que Léon Spilliaert et James Ensor, tout en s’intéressant également à des figures contemporaines majeures comme Ai Weiwei et Fabienne Verdier.







