Les Davids : un domaine viticole du Sud de la France où vin, art, nature et hébergements d'exception se rencontrent
En 1998, l’entrepreneuse belge Sophie Le Clercq, ayant renoncé aux voyages lointains en avion, recherche avec son mari, le peintre Yves Zurstrassen, une terre en France où s’établir l’été en famille. Au détour d’un virage entre Apt et Banon, un vallon au creux d’une conque dégarnie, mais dotée d’un bel étang, s’offre à eux comme une terre promise. Endormi, le domaine – dont à peine quelques buissons délimitent les pâtures broutées à nu au fil des ans – n’attend qu’à reprendre vie. La première décision de la nouvelle propriétaire est la conversion biologique des vingt hectares de terres mises en culture.
À force de ténacité, l’équipe constituée aux Davids plante et ensemence. Les vergers deviennent florissants, le maraichage abondant. Les récoltes sont sauvegardées en jus, conserves et confitures bios qui feront la réputation du domaine. En retrait, identifié sur des cartes anciennes comme les dernières terres viticoles du Vaucluse, un coteau patiente. En 2004, des pieds de vigne de Syrah, cépage caractéristique de la vallée du Rhône, y sont plantés. Après quatre ans de patience, à l’aide de vignerons locaux naît en 2008 la première cuvée baptisée « Dernières Terres ».
Situé à 600m d'altitude, le domaine Les Davids est l’un des plus hauts domaines viticoles du Vaucluse, aux confins du Luberon. Le Parc naturel du Luberon qui le contient est partagé entre des chênaies, garrigues aux odeurs aromatiques et cultures de lavande, d’oliviers et de vignes. Depuis toujours, chèvres et moutons en arpentent les crêtes. Cerfs, sangliers et oiseaux méditerranéens y sont observés ainsi que des espèces plus montagnardes.
Le domaine est délibérément conduit en polyculture biologique, ce qui garantit la biodiversité et la présence de levures naturelles assurant une parfaite fermentation. L’altitude et ces qualités combinées, tant humaines que naturelles, permettent au domaine de produire, d’année en année, des vins d’exception en quantités raisonnées.
Au cœur du domaine, trois étangs recueillent les eaux de ruissellement grâce à des fossés végétalisés. Depuis déjà cinq cents ans, la source sauvage alimente l’ancien lavoir, jouxtant la cour des Davids. Le trop-plein se déverse dans le fossé menant au premier réservoir d’eau. Un système d’irrigation goutte à goutte amène l’eau là où elle est nécessaire. Tous ces aménagements ont construit Les Davids, dans le respect et pour la biodiversité. Il s’en nourrit et la nourrit. Il témoigne aujourd’hui de ce que la polyculture est essentielle à l’agriculture biologique.
Aujourd’hui, Les Davids a atteint sa maturité. Sont venues s’y ajouter les terres voisines d’Autet, un nouveau projet d’envergure qui ajoutera dix hectares de terres pour les vignes, entourées de bois de pins parasols. Ensemble, ces terres forment un écrin de biodiversité, soutenu à la fois par un travail en polyculture biologique et un projet d’agroforesterie. Protégé des maladies grâce à sa forme en cuvette et ses coteaux boisés, le domaine bénéficie en outre d’un microclimat sous double influence alpine et méditerranéenne lui conférant une qualité unique.
Un parcours-promenade de Bas Smets
Un parcours-promenade, formant une boucle de 2,5 km, serpente les hauteurs du domaine et révèle la diversité des paysages à la frontière du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence.
Dans l’intention initiale d’y accueillir des œuvres d’art en harmonie avec la nature, Les Davids ont souhaité confier l’aménagement d’une conque au paysagiste belge Bas Smets, co-auteur entre autres des jardins du Luma à Arles et des abords de Notre-Dame de Paris.
Les mille facettes des terres en lisière du domaine ont suggéré d’y intégrer une promenade. Si l’intention initiale est avant tout de « révéler l’existant », des œuvres en immersion dans la nature viennent progressivement compléter le parcours comme celles de Tomas Saraceno, Vivian Suter, David Nash, Matthew Lutz-Kinoy et Lionel Sabatté ainsi que le théâtre de verdure inauguré en 2024 où se déroulent depuis lors les événements en lien avec les Estivales, le festival culturel des Davids.
La promenade des Davids est une compression de paysages. Elle a été pensée comme une expérience condensée, rapprochée, totale. En une heure et demie, on change huit fois d’atmosphères, de géologies, d’écologies.
Le chai et les vignobles
Le chai des Davids, conçu sur un mode gravitaire, a été dessiné en 2015 par l’architecte français Marc Barani, lauréat de la Grande Médaille d’Or et membre de l'Académie de l’Architecture et des Beaux-Arts.
Le chai, terminé en 2021, est relié sur trois niveaux, laissant la gravité conduire l’ensemble du processus de maturation, de l’encavage du raisin jusqu’à la mise en bouteille. Cette méthode est gage de l’intégrité des baies et du travail de culture en amont. Ce processus sans pompage préserve au mieux les arômes et la couleur du vin.
Épousant le flanc de la colline et en contact étroit avec le sol, la forme et la composition du chai lui permettent de conserver, malgré les variations du climat méditerranéen, la fraîcheur et l’obscurité nécessaires à l’intérieur de ses murs.
Le bâtiment, coulé en béton coffré de planchettes en bois, à l’ancienne, a été teinté dans la masse de la même couleur ocre que les terres rocheuses de la région, lui conférant une texture végétale. Sa forme, légèrement évasée, semble sortir de terre et évoque un mastaba de l’antiquité. Dès l’arrivée, on est frappé par un alignement monumental de cuves tulipes en béton que l’on distingue à travers les vitres bordant la terrasse. Cet écran panoramique aspire dans ses reflets les lignes de vignes en contrebas et rend lisible la fonction de l’édifice au premier coup d’œil.
Le toit en terrasse, immense porte à faux de 30 x 6 mètres, renforce ses propriétés d’inertie thermique, tout en offrant un point de vue spectaculaire sur la salle des cuves béton. C'est sur cette terrasse qu'en été se dégustent les vins accompagnés de plats de terroir et où se déroulent des rencontres lors des Estivales du domaine.
Yves Zurstrassen, peintre dont l’œuvre a récemment été montrée au Musée Picasso à Antibes et à la galerie Luhring Augustine à New York, est l’époux de Sophie Le Clercq, propriétaire des Davids. C’est tout naturellement, dès la conception du chai, qu’avec l’architecte Marc Barani ils ont envisagé d’intégrer une de ses œuvres sous forme de fresque à l’entrée. Yves Zurstrassen a proposé d’y déployer sa peinture « 19.12.25-Siesta » recréée en carreaux de céramiques.
Outre les espaces propres à la vinification, le chai se dote:
- Un caveau ouvert pour des dégustations et des ateliers d’assemblages
- Un restaurant sur la terrasse proposant des dégustations et des brunchs face aux vignes et aux monts du Luberon. Des plats emblématiques de la région ainsi que des planches de légumes, de salaisons et de fromages variés sont servis. Tous les produits sont cultivés au domaine ou sourcés auprès des meilleurs producteurs locaux. Une cuisine de terroir authentique et savoureuse qui s’accorde parfaitement à les vins.
- Un fournil; une boulangerie artisanale vouée à la cuisson des levains bios de blé, d’épeautre ou d’engrain (une variété de blé très ancienne, faible en gluten et riche en acides aminés essentiels). On y trouve des pains, brioches et viennoiseries, focaccias et tartes salées ou sucrées, légumes frais de saison et bios du maraichage, conserveries fines de la Maison Brémond et autres produits locaux.
Les Hameaux des Davids
Restaurés en maçonnerie traditionnelle, les hameaux du domaine offrent une expérience immersive au cœur du paysage provençal. Tous les Hameaux combinent charme à l’ancienne et tradition au luxe le plus moderne, avec un service adapté aux besoins des hôtes. Service traiteur et restauration, produits du Domaine, transport, promenade découverte des truffières, dégustations de vins, guides et excursions…
- Le Hameau de Cournille : trois maisons indépendantes accueillant de 6 à 14 personnes, nichées au creux de la vallée.
- Le Hameau de Treimars : trois maisons surplombant les vignes, avec vue sur la montagne de Lure et le Luberon.
- L’ancien presbytère d’Oppedette : une maison de caractère pour 8 à 10 personnes, à proximité des gorges du Calavon.
Les Estivales du Haut Calavon
Depuis 2022, Les Davids organise Les Estivales du Haut Calavon : une série de rencontres littéraires, musicales et philosophiques. Sur la terrasse ombragée du chai, avec vue sur le Luberon, auteurs de renom, philosophes et figures culturelles de France et de Belgique se retrouvent pour des échanges, des lectures, des concerts et des performances.
En 2026, du 27 au 31 juillet, Vinciane Despret, philosophe et spécialiste d’éthologie et marraine des Estivales, a proposé comme thème pour cette édition : PEUPLES DES MERS, DES TERRES & DES CIEUX (en référence au Paradis dont la description biblique ne cite pas la présence d’animaux : que des humains et des anges).
L’invitée d’honneur cette année est la comédienne Agnès Jaoui qui clôturera le festival en concert avec le Canto Allegre. Parmi les invités phares, l’on comptera l’écrivain Charles Dantzig et les personnalités médiatiques de premier plan : Pierre Haski et Thomas Snégaroff.
Le festival s’étendra également “hors les murs”, au prieuré de Salagon, par la visite de l’exposition d’Yves Zurstrassen, une conversation avec le commissaire Yannick Mercoyrol et un récital de piano de Vanessa Wagner.
Exposition d’Yves Zurstrassen au Prieuré de Salagon
Jusqu'au 14 décembre 2026, le Musée de Salagon (Mane, Alpes de Haute-Provence) présente l’expositionVariations rouges d’Yves Zurstrassen sous le commissariat de Yannick Mercoyrol. Les toiles réalisées par Yves Zurstrassen pour cette exposition ont été créées en dialogue avec l’architecture de l’église romane de Salagon et avec ses vitraux réalisés par Aurélie Nemours en 1998.
Après s’être longuement imprégné du lieu, le peintre a choisi de proposer des formes verticales et des rythmes qui font danser la couleur dans ses tableaux, répétant leurs enchaînements, variant leurs dispositions et leurs formats pour susciter une lumière et une sensation différentes mais complémentaires de celles qui émanent des vitraux. Le rouge s’est rapidement imposé comme la tonalité unique de sa proposition ; il a toutefois pris soin de s’éloigner du rouge sélénium utilisé par Aurélie Nemours, préférant instaurer un écho moins littéral en recherchant, en grand coloriste, un rouge d’une tonalité singulière qui incarne une réponse personnelle, comme un pas de côté tenant à la fois du hiatus et du dialogue, voire de l’hommage, à la radicalité des vitraux.
L’art subtil et énergique d’Yves Zurstrassen donne à voir l’émotion des formes, c’est-à-dire leur mouvement ou, si l’on préfère, leur musique, qui accompagne toujours le peintre dans son atelier. Ces formes en liberté ne signifient rien en soi, comme pour mieux transmettre une allégresse sensible pour le spectateur.


























