Le duo d’artistes belges Gijs Van Vaerenbergh célèbre son 20ᵉ anniversaire avec un nouveau projet majeur, un livre et une exposition
En 2026, le duo d’artistes belges Gijs Van Vaerenbergh marque son 20ᵉ anniversaire avec la réalisation d’un nouveau projet majeur, CLAUSURA, commandé pour l’Abbaye d’Herkenrode à Hasselt, parallèlement à la publication d’un nouveau livre et à une exposition associée intitulée Fictional Ruins. Ensemble, ces projets expriment la position singulière du studio à l’intersection de l’art, de l’architecture et du patrimoine.
Fondé par Pieterjan Gijs et Arnout Van Vaerenbergh, ce bureau basé à Louvain a, depuis 2006, développé un corpus de travaux reconnu à l’international, remettant systématiquement en question les conventions architecturales. Naviguant avec fluidité entre structures permanentes, installations monumentales, scénographies et objets, Gijs Van Vaerenbergh aborde l’architecture non pas comme une discipline figée, mais comme un champ ouvert de réflexion spatiale et de recherche artistique.
Une pratique façonnée par la perception, la mémoire et l’abstraction
Formés en tant qu’architectes, Gijs et Van Vaerenbergh allient précision technique et attitude profondément expérimentale. Leurs projets se caractérisent souvent par la réduction, l’abstraction et la répétition, donnant naissance à des architectures oscillant entre construction et image, présence et disparition. Ce qui relie leur production diversifiée, c’est une attention constante à la manière dont l’espace est vécu — visuellement, corporellement et temporellement.
Plutôt que de privilégier la fonction ou la typologie, le bureau déploie fréquemment des stratégies artistiques visant à déstabiliser la logique utilitaire de l’architecture. Leurs interventions invitent les spectateurs à repenser l’architecture comme quelque chose qui peut se lire, se parcourir ou se percevoir comme un dessin dans l’espace. Le contexte joue un rôle crucial : chaque projet répond attentivement à son site, souvent en dialoguant avec des paysages historiques ou symboliques et en les traduisant en formes spatiales contemporaines.
Cette approche a donné lieu à une série d’œuvres largement reconnues, parmi lesquelles Reading Between the Lines (Borgloon, 2011), une église en acier semi-transparente qui se fond dans son environnement rural, et Labyrint (C-mine, Genk, 2015), un labyrinthe monumental en acier transformant la désorientation en expérience spatiale. Dans Colonnade (Triennale de Bruges, 2021), une structure pavillonnaire composée d’une grille de 100 colonnes, l’architecture devient à la fois rythme et monument. Plus récemment, Island Garden (Meise, 2022) a introduit un nouveau paysage aquatique dans le jardin botanique de Meise, brouillant les frontières entre architecture et design paysager.
CLAUSURA — Un nouveau projet majeur

Au cœur de cette année anniversaire se trouve CLAUSURA, une installation à grande échelle commandée par Herita (Fonds du patrimoine flamand) pour le domaine de l’abbaye de Herkenrode, près de Hasselt. Le projet s’inscrit dans le cadre d’une expérience renouvelée pour les visiteurs, qui les guide à travers l’ensemble du site de l’abbaye, en les menant le long et à travers ses remarquables bâtiments et paysages historiques.
Autrefois l’une des abbayes cisterciennes les plus riches des Pays-Bas méridionaux, Herkenrode a perdu, au fil des siècles de destruction et de dégradation, le cœur de son ensemble monastique. Le cloître, cœur spirituel et spatial de l’abbaye, a entièrement disparu.
Fondée à la fin du XIIᵉ siècle, Herkenrode devient abbaye cistercienne au XIIIᵉ siècle et figure rapidement parmi les plus riches des Pays-Bas méridionaux. Le cœur spatial et spirituel de l’abbaye était constitué par le cloître, un ensemble unifié de plusieurs bâtiments. Ancré par l’église gothique du XVIᵉ siècle, il comprenait un bâtiment conventuel, une infirmerie, les quartiers des sœurs et d’autres dépendances, organisés autour de deux grands jardins de cloître et entourés de longues galeries.
Au cours de son histoire, Herkenrode a connu plusieurs périodes de dégradation et de destruction, culminant avec l’incendie de l’église en 1826. Le cœur historique de l’ancienne abbaye sera finalement entièrement démoli. Aujourd’hui, seules subsistent la chapelle et des vestiges des quartiers des sœurs et de l’ancienne infirmerie. Autrefois cœur battant de l’abbaye, le lieu n’évoque plus que le vide.
Gijs Van Vaerenbergh a été chargé de concevoir une vision artistique pour le cœur disparu d’Herkenrode. Leur installation, CLAUSURA, restitue les bâtiments disparus à leur échelle réelle et à leur emplacement d’origine. Il s’agit d’une intervention artistique et spatiale qui évoque la mémoire de l’ensemble perdu sans recourir à une reconstruction exacte. Une structure de fines tiges en acier dessine les contours des bâtiments disparus du cloître, comme s’ils étaient tracés dans l’espace. Les nouveaux volumes sont transparents, permettant à leurs silhouettes de se fondre harmonieusement dans le paysage environnant. Selon les points de vue, les lignes peuvent disparaître ou rester clairement visibles. L’intervention oscille entre reconstruction et abstraction, les structures originales étant suggérées par un jeu subtil de lignes. Des détails emblématiques tels que fenêtres, voûtes et tours renforcent le sentiment de reconnaissance, bien que ces éléments se dissolvent parfois dans un chaos de lignes.
Les ruines existantes des quartiers des sœurs, de l’infirmerie et de l’arcade, construites en briques et en bois, sont préservées de la dégradation et complétées par un cadre en acier. Une composition d’éléments anciens et nouveaux émerge ainsi. La structure en acier reproduit la charpente existante, encore partiellement visible dans les quartiers des sœurs et partiellement recouverte dans l’infirmerie. Cela permet de créer des espaces abrités destinés à un usage temporaire.
La première grande phase de CLAUSURA sera inaugurée le 18 juin 2026 à l’abbaye de Herkenrode.
20 ans — Fictional Ruins (publication et exposition)

Pour célébrer ses 20 ans, Gijs Van Vaerenbergh présente Fictional Ruins, une publication thématique compacte accompagnée d’une exposition portant le même titre.
Plutôt que de proposer une vue chronologique, le livre se concentre sur six œuvres spécifiques, un projet ancien et cinq interventions récentes, toutes examinées à travers le prisme du patrimoine historique et de la mémoire architecturale : The Upside Dome, Folly, Harbour Castle, Inverse Ruin, CLAUSURA et Kansas City Spirit. Ensemble, ces projets explorent l’architecture comme reconstruction, fragment, écho ou vestige spéculatif.
À travers ces œuvres, l’architecture se révèle comme une ruine fictive : quelque chose oscillant entre passé et présent, entre construction et érosion, entre monument et image. La publication réfléchit aux thèmes récurrents de la pratique — reconstruction spatiale, abstraction, échelle et dialogue entre architecture et paysage — et les situe dans une réflexion plus large sur le rôle de l’architecture en tant qu’acte artistique et culturel.
L’exposition, qui ouvrira le 7 mai à l’atelier de Gijs Van Vaerenbergh à Louvain, traduit ces idées dans l’espace, offrant un aperçu du processus de travail et du cadre conceptuel du studio.
Vous êtes chaleureusement invité·e à l’ouverture le jeudi 7 mai à 19h.
Exposition : du 08.05 au 13.06.2026 (jeudi–samedi, 13h–18h) à Bac Art Lab.
Plus d’informations ici.
Rencontre avec les artistes : 21 mai à 20h à Bac Art Lab (Let’s Talk Leuven).
Projets en cours et à venir
Parallèlement à CLAUSURA, plusieurs autres projets jalonnent cette période :
- Harbour Castle, une œuvre qui joue avec la reconstruction, l’échelle et la lisibilité de la forme architecturale.
- Folly à Doorn, une intervention architecturale autonome intégrée au paysage, explorant structure, répétition et ornement.
- Kansas City : Gijs Van Vaerenbergh a été sélectionné en août 2025 pour une commande d’art public de 2,18 millions de dollars à Barney Allis Plaza, un lieu emblématique de Kansas City.
Pour plus d’informations sur l’un de ces projets, veuillez contacter :
Micha Pycke
Club Paradis
+32 (0)486 680 070
micha@clubparadis.be
À propos de Gijs Van Vaerenbergh
Gijs Van Vaerenbergh est une pratique artistique fondée par Pieterjan Gijs (né en 1983, Belgique) et Arnout Van Vaerenbergh (né en 1983, Belgique). Leur travail se situe à l’intersection de l’art, de l’architecture et du paysage, et prend la forme d’œuvres publiques, d’installations in situ et d’interventions paysagères.
Alliant savoir-faire architectural technique et théorique à une attitude expérimentale, leur pratique s’engage systématiquement avec les arts visuels. Bien que leur démarche soit architecturale par nature, leurs œuvres sont souvent monumentales, sculpturales et autonomes. Plutôt que de se situer en dehors de la discipline, ils cherchent à provoquer une friction depuis l’intérieur même de l’architecture.
Comme leur travail est principalement spatial, la relation avec le spectateur est fondamentale. L’expérience de l’œuvre — sa présence physique et son interaction avec l’environnement — est au cœur de leur pratique. Gijs Van Vaerenbergh transgresse volontairement les conventions disciplinaires, en s’appropriant des stratégies artistiques pour infuser l’architecture de multiples registres et remettre en question ses hypothèses programmatiques et utilitaires.










