Gijs Van Vaerenbergh transforme une ruine archéologique en Italie

Une réinterprétation d’une ruine archéologique par inversion et suspension

 

Pour le Parc archéologique de Herakleia à Policoro (Matera, sud de l’Italie), le duo d’artistes belge Gijs Van Vaerenbergh a créé l’installation in situ Inverse Ruin. Sur ce site historique se trouvait autrefois un temple dédié à Dionysos (433–432 av. J.-C.), dont il ne subsiste aujourd’hui que les fondations. À partir de ces vestiges archéologiques, les artistes ont réimaginé le temple disparu — non par reconstruction, mais par une inversion radicale — et littérale.

Là où le processus de dégradation se produit habituellement de haut en bas, Inverse Ruin renverse consciemment ce mouvement. Le toit, les parties supérieures des murs et des fragments de colonnes sont reconstitués visuellement, tandis que les restes originaux restent intacts au sol. Les visiteurs se déplacent sous une ruine artificielle suspendue dans une structure métallique et découvrent le monument depuis une perspective inversée.

Par cette intervention, Gijs Van Vaerenbergh redessine notre regard sur la ruine antique. Le temple grec est une forme emblématique à la base de la culture architecturale occidentale. Comme il est aujourd’hui principalement connu sous forme de ruines, la dégradation elle-même a acquis un statut presque mythique. Inverse Ruin engage un dialogue critique avec cette tradition. L’installation évoque les proportions et les valeurs formelles originales du temple de style dorique tout en invitant à réfléchir sur la manière dont nous percevons et interprétons les ruines aujourd’hui.

L’œuvre mesure 35 mètres de long, 17 mètres de large et 12 mètres de haut, respectant l’échelle et la géométrie du temple original. Une structure métallique porte le volume suspendu. Les éléments sculpturaux sont réalisés en mortier de chaux, établissant un subtil lien entre références matérielles historiques et techniques de construction contemporaines.

L’installation se caractérise par une tension visible entre réalité et fiction, matérialité et abstraction, contenu et structure. Grâce à une composition soigneuse de fragments grands et petits, un rythme fragmenté et une complexité volumétrique se dégagent. Le temple est démonté, fragmenté et redessiné. La ligne architecturale, la présence matérielle et le traitement des couleurs sont équilibrés, créant une nouvelle poétique spatiale faite de lignes de vue fragmentées et de silhouettes aériennes imprévisibles.

Inverse Ruin entretient une relation dynamique avec le paysage environnant. L’œuvre change continuellement selon le point de vue du visiteur. En reconstruisant le monument selon des règles physiques modifiées — comme un corps flottant défiant la gravité — les artistes ne réinterprètent pas seulement le temple antique, mais interrogent également nos conceptions culturelles de la logique et de l’esthétique de la ruine contemporaine.


GIJS VAN VAERENBERGH

Gijs Van Vaerenbergh est une pratique artistique fondée par Pieterjan Gijs (né en 1983, Belgique) et Arnout Van Vaerenbergh (né en 1983, Belgique). Leur travail se situe à l’intersection de l’art, de l’architecture et du paysage, et se manifeste à travers des œuvres publiques, des installations in situ et des interventions paysagères.

Alliant connaissances architecturales techniques et théoriques à une approche expérimentale et artistique, ils s’engagent pleinement dans le champ des arts visuels. Bien que leur travail soit de nature architecturale, il possède souvent un caractère monumental, sculptural et autonome. Plutôt que de s’éloigner de l’architecture, ils cherchent à provoquer une friction depuis l’intérieur même de la discipline.

Comme leur travail est essentiellement spatial, la relation avec le spectateur est centrale. L’expérience physique et l’interaction avec l’environnement constituent un élément essentiel de leur pratique. En s’appropriant des stratégies artistiques, ils transgressent volontairement les frontières disciplinaires et questionnent les hypothèses programmatiques et utilitaires de l’architecture.

 


SIRIS

Inverse Ruin fait partie de Siris, un projet artistique d’enrichissement pour le Parc archéologique de Herakleia à Policoro, curaté par studiostudiostudio. Le projet comprend trois œuvres :

  • Inverse Ruin de Gijs Van Vaerenbergh (BE)
  • Chora, un parcours sculptural de Selva Aparicio (ES)
  • Arbosonica, une œuvre sonore de Max Magaldi (IT), avec des contributions originales de la poétesse Claudia Fabris et de la musicienne Daniela Pes

Siris propose au public de découvrir le site archéologique de manière inédite à travers des interventions artistiques contemporaines qui évoquent l’originalité du Temple archaïque, le Sanctuaire de Déméter et la valeur spirituelle du paysage environnant. Le projet offre aux visiteurs un récit à plusieurs niveaux qui dialogue avec les artefacts historiques et avec les forces paysagères, anthropologiques et sociales ayant façonné l’identité du site.

Antonio Oriente, directeur artistique du projet Siris pour studiostudiostudio, commente :

« Au-delà de leur interprétation originale du volume et du contraste marqué entre la géométrie précise de la structure métallique et l’explosion chaotique de la ruine, c’est surtout l’inversion de la matérialité qui est particulièrement intelligente. Elle ouvre l’espace visuel sur les vestiges archéologiques tout en garantissant la complète réversibilité de l’intervention. Les formes proposées évoquent un sentiment d’incomplétude et la vulnérabilité du temps — ni effacé par la restauration, qui offre une illusion du passé, ni par la reconstruction, qui crée une illusion du présent. L’œuvre introduit un nouvel habitant dans le Parc : à la fois étrange et familier, disparu et vivant, présent au même endroit et au même moment. »

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Lieu

Parc archéologique de Herakleia
Policoro (MT), Italie
Coordonnées : 40.217315, 16.671154

Contact presse

Micha Pycke
Club Paradis
+32 (0)486 680 070
micha@clubparadis.be

Crédits

Siris fait partie du projet « Enhancement of the sacred areas of the Archaeological Park of Herakleia and the creation of an Ecomuseum ».

  • Programma Operativo Nazionale (PON) Cultura e Sviluppo
  • Fonds européen de développement régional (FEDER/EFRO) 2014–2020
  • Commissaire / Curateur : studiostudiostudio
  • Directeur artistique : Antonio Oriente

 


Visuels
Toutes les images : Roberto Conte

 

 

 

 

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